jeudi 29 novembre 2007

It's a long day

Retour à Marseille, ce jeudi, pour l’équipe de tournage...
Un retour tardif et éprouvant, hier dans la nuit.

Après l’escapade Montebourg du début de semaine, nous étions redescendus vers Lyon, pour une halte dans la nuit de lundi chez des amis du tour, qui nous ont fait le plaisir, l’honneur et l’amitié (renouvelée) du couvert et du lit.
NS55, lui, en vieux renard solitaire de la route, a préféré coucher dans sa maison sur roues.

Mardi matin, le lever a été prononcé aux aurores. Il nous fallait momentanément abandonner le camping-car à Lyon, pour rejoindre la capitale en TGV. Une infidélité imposée par la lenteur de l’engin et le peu de temps que nous avions devant nous.
Après être arrivés à Paris vers 10h55, nous avons abandonné l’aviseur pour aller récupérer une sacoche pour la caméra. De son côté, le boss du narcotour avait rendez-vous avec son avocat pour un point sur sa situation et définir la stratégie des semaines à venir. Au menu des discussions entre les deux hommes, la préparation d’une plainte au pénal, qui sera nominative cette fois (contre deux anciens hauts responsables de douanes).

Vers 15h30, la jonction a été opérée dans le 10ème arrondissement, du côté des grands boulevards. NS55 était invité à intervenir devant des journalistes des stations régionales de France Bleu, qui suivaient un stage de perfectionnement sur les questions de justice, avec l’ESJ, l’école de journalisme de Lille. Cette rencontre se tenait dans les locaux du syndicat de la presse hebdomadaire régionale (PHR, pour les initiés), rue de Hauteville.



Pendant qu'il patientait avant le début de son intervention, le nomade du tour a trouvé un bureau et un ordinateur pour vérifier la mise en ligne de ses aventures sur le blog.



Claude Furet, qui animait ce stage, a accueilli NS55 devant une grosse quinzaine de journalistes. Avec Emmanuel, nous avons expliqué en quelques mots la raison de notre présence et le travail que nous effectuons autour de l’histoire et du parcours de l’ex infiltré, avant que la rencontre ne débute véritablement.

Au total, elle a duré deux grosses heures, Fiévet expliquant avec beaucoup de précision les méandres de son action et les coulisses étonnantes des services secrets de la République. Les stagiaires étaient très réceptifs. Curieusement, certains d’entre eux n’avaient jamais entendu parler de cette affaire, pourtant plutôt médiatique. A croire que même chez les journalistes, qui font pourtant métier d’être informé, des affaires spectaculaires peuvent passer inaperçues...
Le pilote du tour de France leur a notamment annoncé les prochaines étapes de son épopée sur route. Il en a profité pour prendre des contacts précieux, envisageant de retrouver certains des participants à cette réunion lors d’une future escale dans leur ville, une fois qu’ils seront rentrés chez eux.

Après cette brillante intervention, NS nous a abandonné à notre sort sur le trottoir parisien.
Il était attendu pour dîner en famille.

Avec Emmanuel, nous nous sommes arrêté pour siroter une bière dans un bar voisin, avant d’aller dîner du côté de Montparnasse. Après bien des hésitations, c’est finalement dans une crêperie située après la rue de la Gaité que nous avons échoué. J’ai d’ailleurs découvert là l’existence de cette « rue de la crêpe », dans laquelle sont installées une bonne dizaine de restaurants faisant de la fameuse galette une affaire de religion. Emmanuel a avalé deux crêpes au jambon, au fromage et à l’œuf. Pour ma part, la première m’a suffit. Et je n’ai pu finir une salade au poulet très moyenne. Pour accompagner ce festin, nous avons eu droit à un pichet de vin du Languedoc qui tenait plutôt du litre de super à la pompe. Heureusement, le délicat breuvage était très froid, ce qui a permis de l’avaler en souffrant moins.
Vous le constatez, un repas de fête de plus sur notre parcours à travers la France. Un repas de gala, devrais-je dire : en effet, Manu fêtait ce soir là ses 38 ans !

Mardi, matin, nous avons retrouvé NS55 dans un minuscule café de la rue des Haies. Une toute petite buvette, présentée par son patron comme une des plus vieilles de la ville – plus de 200 ans d’histoire, je crois, et toujours dans son jus d’autrefois. A notre arrivée, Marc était le seul client. Le rendez-vous avait été fixé à 9h, mais il nous attendait de pied ferme. Très en avance, comme d’habitude (alors que nous avions déjà largement margé pour fixer l’heure de rendez-vous), et impatient d’en découdre.

Ce matin, nous avions rendez-vous dans les locaux de Rue 89, le journal en ligne (lancé par une équipe composée notamment d’anciens de Libération) qui fait beaucoup parler.
David Servenay, journaliste de la rédaction et ancien de RFI, s’est longuement entretenu avec Fiévet. Il connaissait son histoire pour avoir lu le premier livre que NS55 avait sorti alors qu’il était encore en prison. Il tenait par ailleurs à donner un coup de projecteur sur notre travail autour du tour de France, en informant les nombreux lecteurs de Rue 89 (89 pour la révolution, évidemment, mais aussi pour 1989, année de l’invention du web…) de l’existence de ce blog et en lançant un appel aux producteurs. Servenay a ensuite mis en boîte une très longue interview vidéo de Fiévet, qui doit accompagner son article. Avant de mettre votre serviteur à contribution – un entretien un peu laborieux, je dois l’avouer, ayant un peu de mal à être percutant en raison de la fatigue accumulée, des innombrables déplacements, des nuits très courtes et de la quantité de choses à préparer chaque jour. Je ne sais pas ce que cela donnera, mais on jugera sur pièces…
Nous avons aussi fourni la rédaction en photos prises par nos soins sur le narcotour. Avec, également, un passage vidéo réalisé lors de la rencontre avec Montebourg, lundi dernier, dans sa circonscription de Louhans.
Fiévet en a profité pour saluer Arnaud Aubron, spécialiste des questions de stups chez Rue 89.

Un peu avant midi, après avoir traîné laborieusement nos nombreux sacs dans les couloirs du métro, nous avons retrouvé un informateur dans le centre de Paris. Une discussion très intéressante, qui nous a apporté des éclairages précieux pour préparer la suite du tournage. Extrêmement bien renseigné, cet interlocuteur nous a fourni des infos, des pistes et des tuyaux qui devraient nous être utiles. Son identité vous restera malheureusement secrète, même si ce n’est pas l’habitude de ce blog ni sa philosophie. Mais dans son cas, la garantie de son anonymat est un impératif.
Mais nous reparlerons très vite de ce que ce rendez-vous aura comme conséquences pour le documentaire en tournage.

Vers 13h30, nous avons laissé notre informateur en compagnie de NS55. Avec Emmanuel, nous avions un rendez-vous important, au Rouquet, une brasserie à l’angle du bld St Germain et de la rue des Saint Pères : notre rendez-vous du moment s’appelait Yannis... Oui, le fameux producteur avec qui nous entretenons une relation très peu... productive depuis de longs mois !

Cette fois, enfin, nous avons pu l’avoir face à nous. A notre table. En effet, si nous discutons depuis plusieurs mois avec lui, via le téléphone ou le mail, nous ne l’avions jamais rencontré physiquement. C’était une première, donc !
Arrivé un peu en retard, portant beau dans un costume gris de bonne coupe, Yannis a commencé par nous faire la retape au sujet du développement de sa société, visiblement en bonne forme. Bien lui en fasse d’ailleurs, mais nous n’étions pas là pour lui racheter sa boîte, comme vous le savez - mais plutôt pour essayer de lui... prendre de l’argent.

Difficile, au bout de cette petite heure de discussion, de se faire une opinion précise sur ses intentions. Pour la énième fois, Yannis a réaffirmé son intérêt pour le projet, nous questionnant sur le tournage, ses aspects techniques, nos choix de réalisation et nos partis-pris. Il a évoqué des rendez-vous qu’il s’est engagé à prendre (ou à reprendre) avec les chaînes. Il est passé très rapidement sur la question ce que pourrait être le budget de ce tournage dont beaucoup de séquences sont encore à mettre en boîte. Il a pris également note de notre volonté de donner une dimension internationale à notre film, le sujet imposant cette échelle – ce qui passe notamment par des déplacements à l’étranger. En même temps, il ne s’est engagé en rien. Ne nous a pas présenté de contrat, ou annoncé de contrat à venir. Pas plus qu’il n’a proposé d’avancer un peu d’argent pour permettre au tournage de se poursuivre, façon pour lui d’arrêter les choses et de nous signifier son engagement à nos côtés.

Pour avoir un peu l'habitude des discussions avec les producteurs, nous sommes repartis avec une impression mitigée, au moment de sauter dans un taxi pour la gare de Lyon. Si Yannis a affirmé plusieurs fois vouloir travailler avec nous (précisant qu’il avait beaucoup apprécié le 52’ diffusé cet été sur la guerre du thon, dans l’émission Strip tease), c'était pour laisser entendre dans la foulée qu’il y avait plein de choses à faire, en évoquant de vagues projets…
Un peu curieux, en réalité, cette attitude consistant à vous expliquer dans un grand numéro de dresseur de serpent que vous êtes bien l'homme idoine tout en donnant l'impression de déplacer le curseur d’une éventuelle collaboration vers un projet hypothétique - alors que vous êtes justement là pour proposer un projet béton à celui qui vous joue ce numéro. D'ailleurs, au passage, pas sûr du tout que j’ai demain un projet aussi puissant (avec une vraie histoire personnelle, un vrai personnage et un sujet de société très fort)sous le coude…
De toutes façons, seul le présent (et le nécessaire renflouement de nos caisses vides) nous intéresse.
Du coup, quand notre ami Yannis nous a quitté, pressé de retrouver Frédéric Mitterrand (avec qui il devait visionner des images d’une production en cours), nous ne savions pas trop s'il fallait se réjouir de ce rdv ou si mieux valait passer à autre chose.

Quoiqu'il en soit, à 16 heures, nous étions bien dans le TGV pour Lyon. NS, de son côté, devait sauter dans un train en direction de l’Ouest, pour un détour chez une de ses filles.

Avec Emmanuel, nous avons ensuite retrouvé notre voiture un peu après 18h20. Pour nous engager sur l’autoroute du sud. Une longue route, assez épuisante, direction Marseille. Avec une première halte à Avignon, pour déposer Emmanuel dans sa petite famille à 23 heures.
Pour ma part, ce n’est que vers minuit et demi que j’étais dans mon lit.
Epuisé par une journée sans fin...

Olivier-Jourdan Roulot

2 commentaires:

C.G a dit…

Quel périple !
Je suis à présent vos aventures à chaque nouveau post.
Courage.
Bon anniversaire Manu.
Un admirateur anonyme qui a toujours ses deux rotules, mais qui attend désespérément une hypothétique livraison d’autocollants.

un homme en colère a dit…

Ami de la rotule, pour les autocollants, nous sommes pour le moment en rupture de stock.
La seule chose que nous pouvons éventuellement te proposer, c'est un autocollant au couleurs de Rue89, NS étant reparti de la rue des Haies avec un petit stock.
Problème, ce sont des formats tout petit. Il leur a demandé un autocollant géant, histoire de le mettre sur le camping-car à côté de ses 4x3, mais ils n'en avaient pas.
Il devra donc se contenter de cela.
On va bien voir s'il va les utiliser. Je pense sans doute que oui, connaissant le bonhomme.
Reste à voir le résultat...